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Viandes gris verdâtre impropres à la consommation

par bbc2033 30 Mai 2014, 17:07

Produits premiers prix: souvent ce n'est pas "de la viande au sens de la réglementation européenne"

Dans un rapport rendu en juillet 2013 et resté confidentiel, la Cour des comptes s'inquiète des répercussions sur la santé publique de la consommation systématique de produits premiers prix. Elle constate des "manquements graves aux conditions d'hygiène" ainsi que des "failles de traçabilité", révèle Le Télégramme.

"Des viandes grises-verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo, fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu (...)": pour la Cour des comptes, les produits premiers prix vendus dans les supermarchés français ne sont guère appétissants, rapporte Le Télégramme dans un article paru jeudi.

Le quotidien breton a pu avoir accès "au rapport original de 179 pages, confidentiel", rendu en juillet 2013 par la juridiction administrative, à l'origine des 25 pages sur la sécurité alimentaire incluses dans le rapport global publié par l'institution en février. Il en ressort que "la Cour des Comptes semble avoir été particulièrement choquée par certaines découvertes, notamment sur les produits premiers prix", relève le journal.

Un risque de "répercussions sur la santé publique"
La Cour s'alarme:

"L'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, mais leur consommation systématique, par une population croissante, pourrait avoir à terme des répercussions sur la santé publique".

Des "manquements graves aux conditions d'hygiène" ainsi que des "failles de traçabilité" ont notamment été constatés par la Brigade d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), qui se fonde sur des "résultats d'analyse connus une fois que les produits ont été expédiés et très souvent consommés".

Une présence importante de "viandes séparées automatiquement"
Une "grande partie de la charcuterie ou des produits de viande premier prix comportent de très larges proportions de viandes séparées mécaniquement (VSM)", signale notamment la brigade. Mais de quoi s'agit-il? La Cour de comptes ne pourrait être plus claire:

"La VSM, surtout destinée, il y a quelques années encore, à la composition d'aliments pour animaux, est un produit obtenu par l'enlèvement, à l'aide de moyens mécaniques, de la viande des os de carcasses et pouvant donc contenir des résidus d'os, de cartilage ou de moelle".

Manque de transparence
Le pire, c'est l'absence de transparence observée par la Cour des comptes:

"Ces produits ne correspondent aucunement à l'idée que peut s'en faire le consommateur, même averti, posant la question de leur bonne information (...) Le consommateur ne réalise pas que la VSM, viande gros grain, viande 3 mm et viande bader, ne sont en fait pas de la viande au sens de la réglementation européenne même si, du point de vue sanitaire, les produits issus de ces transformations, notamment ceux ayant reçu un traitement thermique, sont sûrs".

Les opérateurs sur les chaînes de production sont d'ailleurs les premiers à être trompés par ces appellations, puisque près de la moitié d'entre eux pensaient que ces produits étaient destinés à l'alimentation animale, souligne l'institution.

Une situation qui, d'ailleurs, ne risque pas de s'améliorer: "Les industriels œuvrent pour que ces appellations soient encore moins explicites", écrit la Cour, qui s'est pourtant elle-même gardée de publier l'intégralité de son rapport.

Rareté des contrôles
Mais qu'est-ce qui permet que de tels produits arrivent sur les rayons? Le manque de personnel dédié induit la rareté des contrôles, "en chute libre", assure Le Télégramme, qui écrit:

"Un établissement de remise directe (boucherie, restaurant, centre commercial...) sera en moyenne contrôlé trois fois au cours d'un siècle! On ne compte que 43 agents pour contrôler plus de 110.000 établissements de restauration collective (hôpitaux, cantines scolaires...)".

Parmi les autres causes, de nombreuses enquêtes qui restent confidentielles et "un faible taux de poursuite qui décourage les agents". Ce dernier s'explique par plusieurs facteurs: une "réticence des agents" à réprimer, une "défaillance de la hiérarchie à tous les niveaux", un "échelon local, fortement soumis à la pression sur l'emploi", ou encore des procureurs "qui hésitent souvent à engager des procédures pénales".

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20140530trib000832646/la-cour-des-comptes-choquee-par-ses-decouvertes-sur-les-produits-premiers-prix.html

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Ferme-usine des 1000 vaches : les opposants dénoncent une répression démesurée

Au terme de 48h de garde à vue, cinq militants de la Confédération paysanne vont être déférés devant le parquet d’Amiens ce 30 mai. Ils sont poursuivis pour dégradations, vols et recels aggravés. Deux jours plus tôt, le 28 mai, ces syndicalistes ont participé aux côtés d’une cinquantaine de militants, à une action de démontage de la salle de traite de la ferme-usine des « Mille vaches » à Drucat (Somme). L’occasion de rappeler que ce projet est une « menace considérable pour l’avenir de l’agriculture paysanne » (notre précédent article).

En fin de matinée, quatre personnes sont interpellées sur le chantier et placées en garde à vue pour dégradations. En cours de journée, c’est au tour de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, d’être arrêté. Dans l’après-midi, il s’est entretenu sur ce projet contesté avec Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Après un vif échange (voir la vidéo), Laurent Pinatel tend au ministre une des pièces prélevées sur la salle de traite. Ce dernier la refuse et souligne « l’illégalité » de l’action menée par la Confédération paysanne. Alors qu’il est en route pour soutenir ses camarades en garde à vue, Laurent Pinatel est interpellé vers 18h à la gare d’Amiens. Il est accusé de vol et recel aggravés.

« Nous ne sommes pas des délinquants ! »

Dans les heures qui suivent, des rassemblements de soutiens sont organisés devant les gendarmeries d’Abbeville et Amiens. Mais aussi à Mende, Besançon, Bordeaux, Alençon, Puy-en-Velay, Limoux, Rodez... Pour Novissen, l’association locale d’opposition au projet, la décision de prolonger leur garde à vue « est pour le moins surprenante s’agissant de militants ayant manifesté pacifiquement, à visage découvert, et présentant toutes les garanties de représentation ». Plusieurs représentants nationaux d’organisations associatives, politiques et syndicales viennent également manifester leur soutien aux inculpés devant le Palais de Justice de Paris. « Quand on voit d’un côté Claude Guéant repartir tranquillement chez lui, et de l’autre Laurent Pinatel traité comme un chien, on se dit qu’il y a deux poids deux mesures », confie Me Djamila Berriah, l’avocate de Laurent Pinatel, à Reporterre.

« C’est la troisième fois que des militants de la Confédération paysanne sont placés en garde à vue pour permettre à un industriel de construire une usine à lait » dénonce la Confédération paysanne. « La répression antisyndicale ne peut pas être une réponse au désarroi des paysans confrontés à la violence des projets agro-industriels. » L’entreprise de BTP Ramery, qui finance le projet d’exploitation, a annoncé pour sa part qu’elle avait porté plainte. « Le porteur du projet se félicite de la réaction des pouvoirs publics », précise le communiqué de l’entreprise qui évalue les dégâts à plus de 100 000 euros. Stéphane Le Foll assure de son côté que le projet des Mille Vaches relève d’une initiative individuelle en règle, menée par un entrepreneur, sans lien avec le gouvernement.

Les cinq militants de la Confédération paysanne sont libérés sous contrôle judiciaire. Ils sont convoqués au tribunal correctionnel d’Amiens le 1er juillet prochain à 9h. Le porte-parole, Laurent Pinatel, est convoqué pour recel de vol aggravé, les quatre autres pour dégradations et vol aggravé, ainsi que, pour deux d’entre eux, pour refus de prélèvement d’ADN, ont précisé les avocats des militants.

Viandes gris verdâtre impropres à la consommation

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